RDC : La course contre la montre et le spectre du gaspillage face au Mpox

C’est un paradoxe cruel : alors que le virus du Mpox continue de frapper le cœur de l’Afrique, des milliers de doses de vaccins s’évaporent, victimes d’une logistique implacable. En République démocratique du Congo (RDC), épicentre de l’épidémie, la science se heurte à la réalité du terrain.

Le cri d’alarme vient du sommet de la riposte. Cris Kacita, le général en chef de la lutte nationale contre la variole du singe, a révélé une statistique qui glace le sang des humanitaires : environ un tiers des précieux vaccins LC16 offerts par le Japon finit à la poubelle. Une perte immense dans une région où chaque injection est une vie potentiellement sauvée.

Le don nippon face au défi du « clade Ib »

Le Japon avait pourtant répondu présent avec une générosité historique, injectant trois millions de doses de LC16 dans le circuit sanitaire congolais. Un arsenal destiné à briser la chaîne de transmission du clade Ib, cette souche émergente et redoutable qui a placé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en état d’alerte maximale.

Mais la science a ses contraintes, et le LC16 est un allié capricieux. Contrairement à d’autres vaccins, il ne se conserve pas une fois sa préparation entamée.

Le flacon de la discorde : 250 doses ou rien

Le cœur du problème réside dans le conditionnement. Chaque flacon de LC16 est une petite usine de 250 doses en poudre. Une fois reconstitué pour l’injection, le compte à rebours commence : le produit doit être administré en quelques heures seulement.

Sur le terrain, dans les zones reculées de la RDC où les populations sont dispersées, réunir 250 personnes en un laps de temps aussi court relève de l’impossible. Résultat : si seulement 50 volontaires se présentent, les 200 doses restantes du flacon sont irrémédiablement perdues. Un gâchis que l’OMS redoutait, estimant que pour ce type de vaccin « multidoses », le taux de perte peut parfois atteindre les 50 %.

Innover pour ne plus perdre

Face à ce constat, l’urgence est double. Il ne s’agit plus seulement d’acheminer les doses, mais de repenser la stratégie de mobilisation :

  • La sensibilisation de masse : Pour garantir que chaque flacon ouvert trouve ses 250 bénéficiaires.
  • Le stockage mobile : Améliorer la chaîne du froid jusqu’au dernier kilomètre pour réduire le temps de latence.

Malgré ces pertes, la riposte ne faiblit pas. Le défi congolais est un avertissement au monde : dans une crise sanitaire mondiale, la disponibilité du vaccin n’est que la moitié de la bataille ; l’autre moitié est celle de l’infrastructure et de la logistique de proximité.

Pour les autorités sanitaires de Kinshasa, chaque dose sauvée est une victoire sur l’épidémie. La bataille pour optimiser le don japonais est désormais le nouveau front de cette guerre contre le Mpox.

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