Le verdict est tombé ce samedi 17 janvier 2026, figeant une fois de plus le destin politique de l’Ouganda. Sans surprise, mais non sans fracas, Yoweri Museveni a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle. À 81 ans, celui qui tient les rênes du pays depuis 1986 s’offre un septième mandat, alors que son principal opposant, Bobi Wine, dénonce une « parodie démocratique » et appelle la nation à se lever.
Une hégémonie qui défie le temps
Avec 71,65 % des suffrages, Yoweri Museveni assoit une domination qui dure maintenant depuis près de quatre décennies. Pour ses partisans, il reste le garant de la stabilité et de la croissance économique dans une région des Grands Lacs souvent tourmentée. Mais pour ses détracteurs, ce nouveau mandat est celui de trop, le signe d’une présidence qui se mue en une immuable monarchie de fait.
Bobi Wine : De la musique à la « résistance »
Face au vétéran, la figure de la jeunesse ougandaise, Bobi Wine, récolte 24,72 % des voix. Un score qu’il balaie d’un revers de main, dénonçant des fraudes massives et une intimidation systématique de ses électeurs.
« Ce que nous avons vu n’est pas une élection, c’est un coup d’État électoral », a martelé l’ancien chanteur devenu leader politique.
Loin de se résigner, Bobi Wine a immédiatement exhorté ses soutiens à « résister » par tous les moyens légaux et pacifiques, faisant craindre une montée des tensions dans les rues de Kampala.
Un scrutin sous l’œil inquiet de la communauté internationale
L’ombre du climat répressif a plané sur toute la campagne. Coupures internet, arrestations d’opposants et déploiement massif des forces de sécurité : le tableau dressé par l’ONU est sombre. Les observateurs internationaux dénoncent un espace civique de plus en plus réduit, où la voix de l’opposition peine à se faire entendre sans risque de représailles.
| Candidat | Pourcentage | Statut |
| Yoweri Museveni | 71,65 % | Élu (7ème mandat) |
| Bobi Wine | 24,72 % | Contestation en cours |
| Autres | 3,63 % | – |
Un pays à la croisée des chemins
L’Ouganda entame ce nouveau chapitre dans un climat d’incertitude. Si Museveni promet la continuité, il fait face à une population de plus en plus jeune (plus de 70 % des Ougandais ont moins de 30 ans) qui n’a connu que lui au pouvoir et qui aspire à un changement profond.
Le défi pour les cinq prochaines années sera immense : comment apaiser une jeunesse qui se reconnaît en Bobi Wine tout en maintenant la cohésion d’un pays marqué par quarante ans de règne ininterrompu ? La résistance appelée par l’opposition sera le véritable test de la résilience du système Museveni.
Question d’ouverture : « Pensez-vous que la limitation des mandats est la seule solution pour assurer l’alternance en Afrique de l’Est ? »