RDC: L’agonie silencieuse des fonctionnaires de l’État : Le calvaire des fonctionnaires dans le Nord et Sud-Kivu

Au cœur des montagnes embrumées du Nord et du Sud-Kivu, une crise invisible mais dévastatrice ronge le quotidien de milliers de foyers. Depuis que les lignes de front du M23 se sont déplacées, les fonctionnaires congolais — enseignants, infirmiers, agents administratifs — sont devenus les victimes collatérales d’une économie de guerre qui les prive de leur unique moyen de subsistance : leur salaire.

Le rituel de l’espoir déçu

Chaque fin de mois, une scène déchirante se répète dans les centres urbains et les périphéries des zones de conflit. Des hommes et des femmes, dignes dans leurs costumes parfois élimés, s’agglutinent devant les agences bancaires. Pour beaucoup, c’est un pèlerinage de plusieurs kilomètres, souvent effectué au péril de leur vie à travers des sentiers incertains.

Pourtant, l’issue est presque toujours la même : un rideau de fer baissé ou un écran de distributeur affichant « hors service ». Pour ces agents de l’État, le « dû » n’est plus une certitude, mais un mirage.

Des zones sous occupation, des vies en suspens

Le Syndicat des fonctionnaires congolais tire la sonnette d’alarme : dans les territoires sous contrôle des groupes armés, le circuit bancaire est totalement rompu. L’avancée du M23 a non seulement déplacé les populations, mais elle a aussi sectionné les artères financières de la région.

« Travailler pour la nation est un honneur, mais nourrir sa famille est un impératif », confie un enseignant de Rutshuru sous couvert d’anonymat. « Sans salaire, nous sommes des fantômes dans nos propres bureaux. »

Cette situation crée un cercle vicieux. Sans paie, l’éducation s’arrête, les soins de santé s’étiolent et l’autorité de l’État s’efface un peu plus, laissant la place au chaos.

Un appel à la dignité

L’enjeu dépasse le simple cadre comptable. Il s’agit d’une question de dignité humaine et de souveraineté. Comment exiger la loyauté et l’efficacité de ceux que l’on oublie de rémunérer ?

L’opinion publique, tant nationale qu’internationale, doit prendre conscience que derrière chaque salaire impayé, il y a une scolarité interrompue, une ordonnance médicale non honorée et un foyer qui sombre dans la précarité. Le cri du syndicat est clair : il est urgent de trouver des mécanismes de paiement alternatifs, peut-être via le mobile banking ou des convois sécurisés, pour que le service public ne soit pas la prochaine victime de cette guerre.

Pour le gouvernement, même s’il reconnaît ces difficultés, il n’y a pas de solutions proposées. André Wameso, gouverneur de la Banque Centrale Congolaise a pourtant déclaré : “Le plus important, c’est que ce salaire puisse arriver, même en temps de guerre, parce que ça montre qu’aucun Congolais n’est oublié par la mère patrie”

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